Spermidine et cheveux : ce que l'essai randomisé a réellement mesuré
· par Équipe VEXTA
L'essai, en détail
La référence humaine est Rinaldi 2017 (Dermatology Practical & Conceptual, DOI 10.5826/dpc.0704a05) : essai randomisé, en double aveugle contre placebo, chez 100 hommes et femmes en bonne santé, un comprimé par jour pendant 90 jours.
La méthode est inhabituellement concrète pour ce type de produit : au début et à la fin, 100 follicules ont été prélevés et examinés au microscope pour compter ceux en phase anagène V-VI, avec un examen immunohistochimique quantifiant Ki-67 et c-Kit dans les bulbes. Un pull test a été réalisé à 3 et 6 mois.
Résultats : le nombre de follicules en anagène V-VI augmente après trois mois, accompagné d'une hausse du Ki-67 (marqueur de prolifération cellulaire) et d'une baisse du c-Kit (marqueur d'apoptose).
Ce que « phase anagène » veut dire
Le cheveu suit un cycle : anagène (croissance active), catagène (régression), télogène (repos, puis chute). La proportion de follicules en anagène détermine la densité perçue.
Allonger la phase anagène, c'est garder plus longtemps en croissance des follicules qui seraient passés en repos. C'est un mécanisme réel, et c'est ce que le mécanisme préclinique laissait attendre : Ramot 2011 (PLoS ONE, DOI 10.1371/journal.pone.0022564) avait montré, sur des follicules humains en culture, que la spermidine module les fonctions des cellules souches épithéliales et favorise la pousse.
Les limites, qu'il faut énoncer
Trois réserves, qu'aucune page commerciale ne mentionne :
- Le produit testé est un complément composé à base de spermidine, pas de la spermidine isolée. On ne peut pas attribuer l'effet à la seule spermidine.
- Un seul essai. Cent sujets, c'est correct pour cette discipline, mais un résultat non répliqué reste un résultat non répliqué.
- Ce n'est pas un anti-DHT. La spermidine n'agit pas sur la dihydrotestostérone. Sur une alopécie androgénétique installée, ce n'est pas le bon levier.
À rapprocher de ce que montre la pharmacocinétique : la spermidine orale n'élève pas la spermidine plasmatique. Un effet local sur le follicule reste possible sans variation sanguine mesurable — mais on décrit là une hypothèse, pas un mécanisme établi.
Combien de temps avant de juger
Quatre-vingt-dix jours. C'est la durée de l'essai, et c'est cohérent avec la biologie du cheveu : le cycle pilaire se compte en mois, pas en semaines. Un pull test a été refait à 6 mois.
Juger un produit capillaire à trois semaines n'a aucun sens, quel que soit le produit.
Sources
Questions fréquentes
Aller plus loin
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